Plonger avec les microfibres

La plongée en 2018 évoque l’image d’une expérience transcendante, d’un rêve éphémère et d’une liberté sans pareil. Toutefois, la plongée libre en 2050 pourrait être radicalement différente, car nous estimons que dans les prochaines décennies, nous aurons plus de plastique dans l’océan que de poissons.

Notre dépendance au plastique n’est pas nouvelle et nos récents efforts pour le rayer de la surface ne font que commencer. La plupart vous diront qu’ils ont troqué le distributeur automatique de bouteilles en plastique contre un système de bouteilles réutilisables, d’autres avanceront qu’ils ont remplacé leur sac de supermarché à usage unique par un sac en coton. Ce que nous pourrions considérer comme menaçants dans notre monde aujourd’hui commence à perdre de sa popularité, ou du moins cela a permis à beaucoup d’entre nous d’éviter les couverts en plastiques à diner.

Mais la gravité de la situation a dépassé de loin les auteurs les plus courants. Bien que les emballages en plastique représentent la plus grande partie de notre problème « plastique », nous avons négligé un criminel petit mais impitoyable : le microplastique. Ces minuscules particules de plastique (moins de cinq millimètres de long et de la taille d’une graine de sésame) qui se retrouvent dans nos vies sous forme de perles de plastique dans des produits de soins personnels tels que nettoyants, exfoliants et dentifrices, se retrouvent également dans les microfibres synthétiques.

Alors qu’est-ce que cela signifie?

Sans apporter trop de technique, des petits morceaux de plastique se détachent de nos vêtements en fibres synthétiques comme le polyester, le nylon, la rayonne et l’élasthanne (également connus sous le nom de Spandex ou Lycra). Toutes ces fibres sont essentiellement en plastique et se détachent lorsque nous lavons des vêtements à la machine à laver. Selon une étude réalisée en 2014, «le microplastique, sous forme de fibres, était jusqu’à quatre fois plus abondant (par unité de volume) dans les sédiments d’eaux profondes de l’océan Atlantique, de la mer Méditerranée et de l’océan Indien que dans les eaux contaminées de surface.» Les poissons mangent ces microplastiques par accident, pensant s’agir de plancton, les tortues de mer et les oiseaux sont également trompés en les avalant. À ce stade, il n’est pas exagéré de dire que ces morceaux de plastique se retrouvent probablement dans notre propre système digestif.

Que pouvons-nous faire?

Un excellent premier pas serait de dépenser un peu plus d’argent pour des vêtements de bonne qualité, surtout s’il est composé de fibres synthétiques comme le polyester ou le nylon. Les tissus synthétiques, moins chers et de qualité inférieure, perdent en réalité plus de microfibres au cours de leurs vies. Bluenery s’assure de n’utiliser que du polyester recyclé solide et s’engage à trouver de nouveaux moyens plus efficaces afin de réduire davantage l’impact de nos matériaux sur la planète. Une bonne qualité signifie également un cycle de vie plus long, un de nos moyens préférés pour réduire notre empreinte collective.

Le lavage de vos vêtements est l’un des plus grands fautifs de microfibres jetées dans l’océan. Malgré ce que votre mère aurait pu vous apprendre, il est essentiel de laver vos vêtements moins souvent et uniquement lorsque cela est absolument nécessaire. Les taches gênantes peuvent souvent être éliminées en nettoyant spécifiquement la zone, sans qu’il ne soit nécessaire de mettre tout le vêtement en machine. Vous économiserez également de l’eau de cette façon! Naturellement, le lavage à l’aide d’un cycleur plus doux dans votre machine signifie également moins de particules qui tombent de vos vêtements. Bien qu’un peu de recherches soient nécessaires dans ce domaine, cela vaut la peine d’essayer!

Nous avons également constaté des innovations incroyables dans la lutte contre la crise des microfibres, notamment le Cora Ball, qui capture toutes les particules dangereuses de votre lave-linge. Pour commencer, l’utilisation d’un simple sac en tissu pour laver vos vêtements en polyester peut empêcher certaines fibres de pénétrer dans votre caniveau et de s’écouler dans les cours d’eau.

Enfin, il est tout aussi important de garder un œil sur les fibres naturelles comme le coton (qui n’émet pas de microfibres). Cela peut être délicat pour les vêtements de sport car les fibres naturelles ont généralement très peu d’étirement. Nous avons essayé de trouver un juste milieu avec nos produits en coton biologique et ceux contenant du polyester recyclé. Trouver le bon équilibre entre les tissus à faible impact et conserver une petite empreinte écologique au cours du cycle de vie de ce produit peut être un défi que nous continuons d’explorer.

Ce puzzle en microfibre comporte de nombreuses parties différentes et il existe certainement des lacunes dans les connaissances sur cette question. De manière générale, nous ne savons toujours pas comment la température de l’eau, l’utilisation de détergent et les styles de lave-linge ont une incidence sur la libération de microfibres dans les océans. Il existe également un manque d’information sur le fonctionnement des systèmes de traitement des eaux usées en ce qui concerne nos vêtements. Mais une chose est certaine : les vraies solutions ne viendront que de nous tous, ensemble.

Laura François.

Engagée sur l’impact de notre société, Laura collabore étroitement avec Bluenery pour sensibiliser notre famille à respecter l’environnement.